Pierre C.

De septembre à décembre 96, de par l'arrivée dans ma vie de Pierre C., je me suis remise à regarder ce qui pouvait bloquer en moi face aux hommes afin de continuer mon évolution.

Je m'aperçus qu'avec lui, mon besoin d'affection refaisait surface tout comme ma crainte d'être jugée.  Je m'empêchais de vivre pleinement.  Ma maison représentait ma sécurité, j'avais peur d'une certaine manière d'aller à l'extérieur sauf pour le scoutisme, ma crainte d'être dominée, blessée à nouveau était présente et avec les jeunes il n'y avait alors aucun danger.

Je pris conscience que Pierre C était dans ma vie afin de me montrer ma peur de bouger, d'aller de l'avant. Je pus voir que cela venait aussi de mon enfance, que j'avais eu l'impression qu'on me demandait de toujours être forte, responsable comme un homme mais d'avoir  des attitudes aussi d'une femme. D'être intérieurement un homme et extérieurement une femme.  Que je me demandais tout cela pour être aimée.  Ce que j'avais connu aussi de par les emplois du temps de mon mari, j'avais l'impression d'avoir encore à vivre doubles tâches.  Pour cela aussi que je préférais être seule plutôt qu'avec quelqu'un avec qui j'aurai alors à me battre pour le partage des tâches.  Je constatai aussi que j'avais difficulté à déléguer, la partie perfectionniste en moi. Que j'avais de la difficulté à recevoir par peur qu'on me demande une contrepartie.

Je dialoguai alors avec moi-même pour me montrer que j'étais maintenant différente, avec vision différente et qu'ainsi je n'attirerais point le même type d'homme. Je constatai que j'avais difficulté à me donner le droit d'être faible, de vouloir le soutien d'un homme de temps en temps de par ce que j'avais connu dans mon mariage.  Ma peur de m'épancher aussi était très présente car une telle situation avait été le point de départ de ma vie avec mon mari.

Mes peurs étaient tellement fortes que je me suis justement attiré cela avec Pierre C. je reprenais ce même schéma avec lui.

Un soir que je dialoguais en méditation avec mon être de lumière, futur conjoint, il me dit qu'il me restait 1 à 2 portes à ouvrir dont l'une est que je sois prête à le laisser s'occuper de moi et l'autre de lui faire confiance tout simplement.  De regarder celui qui arrive à mes côtés avec un regard neuf, un regard d'enfant qui découvre, qui ne se réfère pas au passé, qui n'a aucun passé avec cet homme qui arrivera. ( En ce 12 décembre 2001, je peux dire que je n'ai pas encore franchi ces portes-là, chaque homme qui a suivi pour une relation amoureuse, me restait en moi les marques du passé pour le regarder)

Par la suite, je cherchai à me convaincre que j'avais le droit de vivre une belle relation amoureuse avec un homme, de belles relations d'amitiés avec les hommes telles que je l'avais toujours désiré.  De par la présence de Pierre C. dans ma vie, je réapprenais doucement à recevoir des attentions.  Je comparais beaucoup ce que je recevais de lui de ce que j'avais reçu de mon mari.  Je m'illusionnais sur ce que je recevais, j'avais l'impression que c'était différent.  Je constatai aussi que j'avais moins de difficulté à recevoir l'aide d'un homme dans une relation d'amitié que dans une relation amoureuse.

Suite à un rêve je compris que je n'avais nullement confiance en la parole des hommes de crainte que cela ne soit que de belles paroles pour m'avoir, pour la sexualité.  Je pris conscience que j'avais moins de difficulté à accepter de l'aide quand c'était du temps que l'autre me donnait que quand c'était monétairement.

Je m'aperçus que je m'étais remise dans l'attente d'un homme, que je ne vivais plus alors mes moments présents.  Je pris aussi conscience plus tard que Pierre C, tentait de me changer, qu'il voulait toujours m'imposer des choix de lecture et que je ne disais rien car je voyais cela comme des attentions à mon égard de par ma fragilité, mon désir d'affection revenu.  Pourtant il était aussi dans ma vie afin que j'apprenne à apprécier une compagnie masculine dans ma maison, apprécier les attentions de par ses visites en série et gestes affectifs.

Je pris conscience que je désirais un homme dans ma vie mais qu'aux gens je disais le contraire.  Pierre C. me fit voir que j'avais encore en moi du ressentiment face à mon ex-mari. Je décidai alors de m'observer plus dans cela, c'était aussi surtout lorsque question des enfants et de l'argent, toutes des attitudes en lui que je n'acceptais pas en moi.  Je pris conscience que depuis quelques temps je remarquais que je perdais une certaine part de confiance en moi avec Pierre C., que j'avais tendance à fuir son regard par peur d'être jugée, d'y lire les mêmes reproches que j'y lisais dans le regard de mon mari et peut-être aussi la peur qu'il lise mes désirs dans mon regard, désir que lui n'a pas.

Je pris conscience que mon ressentiment à l'égard de mon ex était là car durant des années je n'avais rien exprimé,  nullement sorti de moi toutes mes émotions de douleurs, de découragement, de tristesse.  Tout avait été contrôlé parce que je devais rester forte avec lui. Même à ce jour, je refoulais encore toutes mes larmes.

Je pris conscience aussi que l'attirance que j'éprouvais envers Pierre C, était surtout d'ordre physique.  Je regardai alors pour vivre avec lui une relation ami-amant, me donner ce droit-là.  Je vivais dualité en moi car autant je désirais une présence masculine et autant j'avais peur de me retrouver emprisonnée dans celle-ci, de perdre ma liberté de voir mes amitiés quand je le désirais. D'être obligée encore une fois de ne vivre que pour l'autre, que pour la famille et  m'oublier.  Je regardais ce que j'avais vécu depuis ma séparation, les changements en moi, que je ne revivais pas cela pourtant la peur était encore très forte en moi.  Je cherchais encore à contrôler ce qui allait m'arriver, mon futur.

Je pris aussi conscience que c'était surtout dans les moments où j'étais complètement seule que mon désir d'être avec quelqu'un refaisait surface plus fort.  Une ambiguïté était en moi, je désirais vivre une relation ami-amant avec Pierre et je désirais aussi vivre la relation stable rêvée depuis longtemps. Je m'en voulais aussi de ne pas m'être assez affirmée avant de me marier et durant mon mariage.  Je pris aussi conscience que j'avais peur de m'attacher à quelqu'un et que celui-ci sorte ensuite de ma vie comme ce fut le vécu avec Serge et Jean.  Ma crainte d'être jugée de vivre une relation ami-amant revenait encore en force.

Le 25 novembre, je pris conscience qu'à chaque fois que je tentais de me convaincre que Pierre sortait de ma vie, il réapparaissait alors, et si je tentais de me convaincre que j'avais encore quelque chose à vivre avec lui, il était plusieurs jours sans donner de ses nouvelles.

Quelques jours plus tard je pris conscience que j'avais demandé une relation ami-amant afin d'avoir une présence dans ma vie. Mon besoin d'affection qui ressurgissait et que j'étais retombée dans le même schéma qu'avec mon mari, vivre une relation sexuelle pour combler un vide affectif.

Le 12 décembre je pris conscience que j'avais fermé mon coeur à aimer suite au "rejet" de Jean et cela de façon inconsciente par peur de me tromper à nouveau. Peur d'accorder ma confiance à quelqu'un qui ne mériterait pas cette confiance.  Pourtant qui étais-je pour décider cela ? Je notai aussi cette pensée-là :  "Le manque de confiance en soi engendre automatiquement le manque de confiance aux autres".  En somme, je ne croyais pas mériter que quelqu'un s'occupe de moi, que quelqu'un ait envie de me gâter, me dorloter, que je ne mérite pas l'amour de quelqu'un car je ne croyais pas en faire assez pour cela.  Toutes ces croyances me venaient de mon vécu avec mon mari. Que lui se sacrifiait pour la famille et pas moi.  Les sacrifices étaient pourtant d'ordre complètement différent, lui au niveau du Avoir et moi au niveau de l'Être.

Je regardai alors ce que je pouvais apporter à un homme, ce que je donnais: soutien, liberté, encouragement, compréhension, créativité, mon corps, douceur, tendresse, beauté, patience, écoute, connaissances, regard qui fait que l'autre se sent quelqu'un, sagesse, autonome, responsable. Et je regardai aussi mes peurs:

-peur qu'il ne me demande plus que ce que je peux lui donner

-peur de ne pas répondre à ses attentes

-peur qu'il veuille que je fasse son bonheur

-peur de retrouver un autre Marcel

-peur de ne pas être acceptée pour qui je suis

-peur d'être rejetée

Je pris aussi conscience que les hommes dans ma vie qui ont suivi mon mariage avaient tous une même caractéristique qu'avec mon mari, ils avaient été trompés par leur femme.  Vrai que ce qui m'avait fait m'oublier lors de la fin de semaine de réflexion demandée avant mon mariage, était le fait que je ne voulais pas que Marcel croit que je le tromperais durant ce temps de réflexion pour ne pas lui faire revivre ce que son ancienne fiancée lui avait fait vivre.

De par ce que je vivais avec Pierre, des peurs que je voyais en lui, je me demandai quand il y aurait quelqu'un dans ma vie qui n'aurait pas peur.  La réponse fut simple, quand moi j'arrêterais d'avoir peur.   Je me questionnais énormément sur ce que j'avais d'incorrect , qui bloquait la relation amoureuse rêvée.  Je ne m'étais point aperçue que j'étais retombée dans un besoin affectif et que le Avoir-faire-être était de retour.  Je pris aussi conscience que j'avais peur de m'engager par crainte de ne pouvoir m'affirmer.  Avec Pierre, je vivais encore une relation où c'était l'autre qui décidait quand on se verrait et que mes désirs à moi étaient dans le néant.  J'avais peur aussi de demander de l'aide morale, une présence lorsque je ressentais le besoin de partager mes joies et peines.  Je me demandai si je donnais encore avec attente et cela l'était un peu. Je vivais beaucoup dans la demande d'un homme tel que je le rêvais, qui me donne tout ce dont j'avais besoin.  Je ne faisais plus mon bonheur par moi-même.

Je choisis alors de dire adieu au désir d'une relation ami-amant avec Pierre, j'avais du travail à faire sur moi pour reprendre confiance en moi et refaire mon cercle complet.  Retrouver le bonheur qui était le mien avant son arrivée dans ma vie.  Car au fil des jours le mental était revenu et dirigeait ma vie, me faisait vivre beaucoup d'émotionnel.  Je reprenais sur mes épaules les paroles des autres, que ce que Pierre disait voir en moi m'appartenait, j'avais oublié de regarder si vraiment moi ou si je lui servais de miroir.

Je me revoyais dans diverses situations du temps de mon mariage, colère remontait en moi pour s'exprimer enfin, je me sentais comme si je m'enfonçais dans l'eau, que juste ma tête en sortait.  Je pris conscience que je regardais trop dans ma vie actuelle ce qui était point là, plutôt que de regarder tout ce qui était.  Je pris aussi conscience qu'à partir du moment où je me suis recentrée, les gens revenaient dans ma vie, depuis que j'avais été prise dans le tourbillon d'émotionnel avec Pierre, peu de gens autour de moi.

Une partie de moi désirait encore la présence de Pierre à mes côtés car il avait aussi des attitudes qui n'étaient point celles de Marcel, cela me démontrait où j'en étais rendue dans mon évolution et acceptation de moi-même.

Je choisis alors de continuer à grandir, je demandai à être libérée des vieilles émotions me reliant à mon passé afin de pouvoir avancer et vivre une belle relation amoureuse.

© lumdam 2001