Tibet

Je rencontrai Pierre L. au début du printemps 96, il était lui aussi en cheminement spirituel, ouvert à l'énergie.  La première rencontre fut chez moi, il venait assister à une soirée spirituelle et avait été invité par l'entremise d'une connaissance commune.

Par la suite, du fait que j'avais tendance à me tromper pour son prénom, ce qui pour moi était rare et signe annonciateur à l'époque de karma avec la personne, je demandai alors à recevoir information de cette vie antérieure et ce qui était à résoudre comme lien karmique.

J'avais constaté en l'écoutant qu'il avait passé sa vie à jouer au sauveur et de mon côté, il y avait eu plusieurs Pierre dans la mienne avec lesquels j'avais voulu jouer au sauveur.

Souvent en ma présence, lorsqu'il parlait de moi, il disait que je parlais peu mais que lorsque cela arrivait, mes paroles de sagesse le frappaient de plein fouet pour de la compréhension dans sa vie.

Vers mai, j'eus les "flashs" suivants dont un fut alors que nous regardions tous deux un film se passant au Tibet.  Je sus que nous étions là-bas, qu'il était un de mes disciples, j'étais un maître.  Par la suite, j'eus celui qu'il fut un des enfants que j'avais sauvés dans ma vie en URSS mais qu'il avait gardé rancoeur de cela.

En juin, je pris conscience que j'avais à travailler l'Équilibre avec lui.  Au fil de la relation d'amitié, j'eus aussi à m'affirmer avec lui car il avait tendance dans son chemin à vouloir aller très vite et cherchais à me servir de maître, me bousculer afin que j'aille plus vite aussi.  Autant j'apprenais à me respecter, à n'agir que lorsque je le sentais pour avancer, me choisir, autant il apprenait à s'écouter vraiment.  Il avait fortement tendance à aller vers toute technique nouvelle pour avancer vite et son corps lui disait souvent que point doux envers lui-même en agissant ainsi.

Un jour, je pris conscience qu'il cherchait à copier, voulait atteindre certains niveaux comme d'autres et moi-même autour de lui plutôt qu'être lui-même.  Je lui ai souvent enseigné cela, d'aller en lui, qu'il avait tout pouvoir en lui, qu'il soit son propre maître.

En septembre 97, il entra dans le scoutisme comme animateur alors que je venais de prendre le poste de coordonnatrice, encore là, j'étais à un échelon plus haut que lui.  En janvier 98, je sentis souvent en discutant avec lui qu'il était agressif envers moi de par certains gestes.  Je sentais que son ego acceptait mal surtout que mon co-équipier et moi avions eu à lui parler, à cause de certaines plaintes de parents, de son agressivité latente envers les jeunes. En février, il eut un geste agressif envers ma plus jeune alors que pour lui c'était un jeu que de mordre, j'eus à l'aviser que je ne tolérais point ce genre de jeu.

Je commençai à me questionner sur notre amitié.  J'avais l'impression qu'il cherchait constamment à me dépasser, de vouloir être plus haut que moi.  Était-il un vrai ami ?  Avais-je vraiment son support moral ?

En mai 98 lors  d'une fin de semaine à St-Côme, je pris conscience que mon ego aussi réagissait, que j'entrais en lutte de pouvoir avec lui, comme si je ne voulais point qu'il soit plus haut niveau que moi, que le disciple reste le disciple.  Que j'aimais alimenter en moi la pensée qu'il soit l'élève et moi le maître, et d'alimenter ainsi inconsciemment cette jalousie que je percevais de lui à mon égard.  Par le passé, il m'avait souvent fait cadeau en me transmettant les dires des autres personnes qui travaillaient sur son énergie, comme quoi j'étais un très bon guide pour lui, pour son cheminement.

Début octobre 98, je sens que j'étouffe dans cette relation d'amitié.  Il cherche de plus en plus à m'obliger à réapprendre certains gestes de tendresse dans ses bras à lui, voulant être mon professeur alors que je n'étais nullement attirée vers lui.  J'eus à m'affirmer pour m'écouter.

Depuis le début de septembre, ma voix intérieure me disait de le sortir de ma vie, de rompre cette relation, je ne l'écoutais point car je ne comprenais point la raison.  Je voyais que chacun cheminait et partageait ce cheminement, qu'il était un ami.

Le 25 octobre, j'eus un "flash" à propos de lui et du pourquoi de le sortir de ma vie.  Il faisait "mauvais" usage du Reiki, il s'en servait pour se "recharger" en énergie plus que pour guérir en douceur.  Qu'il n'avançait point, restait le disciple cherchant des maîtres mais les jalousant.  Souvent j'avais pu constater que lorsqu'il partageait, il disait:  "ma mère dit que... ou Marguerite dit que...", et sûrement qu'il faisait de même en parlant de moi à d'autres.

Le 29 octobre, je choisis d'écouter mon intuition même si je ne comprenais pas tout.  Je parlai alors à Pierre, qu'il n'y aurait point de St-Côme ensemble dans les jours suivants, et que notre route ensemble s'arrêtait-là.  Je vécus peine pour lui et j'eus ensuite cette compréhension:  il est temps que l'élève se passe du maître, qu'il soit son propre maître.

Le 30 octobre me sont revenues en mémoire les paroles d'une amie qui m'avait dit que lorsque conjoint serait dans ma vie, Pierre serait une menace de par sa tendance à m'accaparer de sa présence au nom de l'amitié.  Ont alors remonté en moi diverses situations où Pierre devait me téléphoner, devait sortir avec moi ou passer chez moi et qu'il changeait d'idée, revenait sur sa parole ou bien ne donnait aucune nouvelle.

Le 31 octobre, je constatai que j'avais quand même un certain deuil à vivre de cette relation, car j'y avais mis fin au nom de mon âme et que j'avais certaines difficultés à en comprendre les raisons.

Le 7 novembre, alors que je revenais du resto, je le croisai dans la rue.  Il me dit alors avoir compris le pourquoi, tout en vivant encore colère envers moi.  Il fit un geste qui semblait doux mais dont la position des doigts de la main indiquait une agressivité retenue.  Je pris alors conscience que tout au long des années de notre amitié, il avait souvent fait ce même geste à mon égard.  J'eus aussi l'intuition qu'il vivait colère envers moi depuis tout ce temps du fait que, contrairement aux autres femmes qu'il rencontrait, je n'avais point été dans son lit.  Il se disait un grand séducteur.

Ce ne fut que quelques mois plus tard que je le revis alors que j'étais amoureuse, je sentis encore sa colère envers moi derrière ses propos en douceur.

Plus d'un an plus tard, je le recroisai à nouveau le temps d'une soirée et là, je sentis qu'il avait vraiment compris d'être son propre maître car après des mois et années à aller se faire "réparer" son énergie afin d'aller plus vite, cela l'avait plutôt amené à un mal-être et de tomber plus bas, un retour en arrière.  Là, il avançait maintenant en douceur et en s'écoutant lui, ainsi que ses intuitions, son âme.  

 Coloc l'a recroisé quelques fois par la suite, de mon côté ma route n'a point recroisé la sienne.

Namasté.

© lumdam 2001