PERLE D'UNE ÉPREUVE
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Novembre 95, j'oeuvrais depuis quelques temps dans un organisme affilié au Département de Protection de la Jeunesse, nous étions plusieurs de l'aide sociale, pour une petite augmentation de notre somme mensuelle, à donner du temps pour acquérir des aptitudes de travail. J'avais été propulsée sans information, avec aucune connaissance technique pour de la relation d'aide, de l'écoute active sur un cas d'écoute dès le début. Au fil des jours j'ai pu établir une relation avec la personne tout en suivant un atelier avec un psychothérapeute. Un jour, alors que je sentais qu'elle était assez forte pour aller seule à un rendez-vous, j'ai choisi de me retirer doucement. J'en avais parlé à une personne dans le même programme que moi. Celle-ci a voulu bien faire pour elle-même, se faire valoir auprès des dirigeants de l'organisme et a rapporté mon action. Le 21 novembre, je fus mise à la porte. Ce fut un coup très dur pour mon ego. Première fois de ma vie, qu'une telle chose m'arrivait. Déjà à travers les semaines passées dans cet organisme, j'avais pu observer que les dirigeants aimaient dire qu'ils avaient aidé ceux qui travaillaient pour eux, qu'ils les avaient "ramassés à la petite cuillière". Déjà, j'étais un point noir pour eux, j'étais assez forte. J'avais un bagage d'expérience en animation, organisation, communication. J'avais pu constater que les gens qui devaient écouter d'autres auraient eux-mêmes besoin d'être entendus. Tout au long de mon retour chez moi, après ce renvoi, mon mental a pris le dessus afin de contrôler les émotions vécues. En arrivant chez moi, j'ai fais un exercice afin de trouver le positif de cet évènement douloureux pour mon ego. Je me suis posé la question à savoir pourquoi cela m'arrivait. La réponse fut que je n'avais point osé quitter ce programme par peur, même si je ne m'y sentais point à ma place, que je n'aimais pas l'ambiance, l'atmosphère et les attitudes des gens. Quelques minutes plus tard, la personne dont je n'avais pas voulu tenir la main me téléphona, l'organisme lui avait dit que je ne m'occuperais plus d'elle. Elle était en désaccord avec cela, elle avait le matin même, trouvé en elle toutes les forces nécessaires pour son rendez-vous et en était même ressortie encore plus fonceuse, plus forte qu'avant. Je constatai que ma force faisait peur. Mais que j'avais moi-même eu peur de me faire critiquer en ne donnant pas mon avis et en taisant mon action. Je répondis à un questionnaire. 1- Comment cette épreuve peut-elle m'être utile? Ne plus retomber dans mon mécanisme d'indifférent. J'avais étudié peu de temps auparavant quels mécanismes je prenais pour aller chercher de l'énergie chez les autres. 2- Comment ce contre-temps est-il lié à ma question existentielle? Aider hors du cadre d'un emploi. J'aide mieux quand je suis moi-même. J'avais constaté à partir d'un travail de la Prophétie des Andes, que je perdais de l'énergie lorsque j'étais obligée de faire de l'écoute, de l'aide, selon des horaires détaillés. 3- Comment puis-je l'envisager sous un autre angle ? Ma force intérieure fait peur. 4- Qui y'a-t-il de positif ici ? J'ai du temps à moi. 5- Que suis-je réellement capable d'accomplir ? Organiser, écouter, sentir les forces des gens. Le 22 novembre, j'écrivais ceci: " Dans le fond, mon orgueil mange une claque puisque c'est la première fois que l'on me met dehors. Il y a en moi la honte de ne pas être capable de tout faire. Mes capacités sont ailleurs. Je leur faisais peur parce que je n'avais pas besoin d'eux. Ils me faisaient confiance car ne faisaient point confiance aux autres pour aller faire de l'écoute, mais parce que les autres, ils pouvaient dire qu'ils les aidaient en retour, ils les ont gardés. J'éprouvais encore du ressentiment face aux gens qui m'avaient mis à la porte. J'avais à me libérer de mes émotions. Pour moi, la personne que j'écoutais n'était pas un "cas" parmi d'autres, c'était avant tout une personne ayant droit à sa dignité, avec des forces et des faiblesses, une personne unique. Le 23 novembre, je réussi à libérer les émotions en moi. Le 24 novembre je reçus l'écoute et l'approbation du psychothérapeute sur ce que j'avais vécu et choisi de faire comme geste pour aider la personne et sur les émotions et le travail effectué pour les maîtriser. Par la suite, je sus que j'aurais pu quitter un programme sans être pénalisée, que c'était mon droit. La perle cachée derrière tout cela ? Ce programme m'avait permis de voir, observer, aider les gens qui comme moi étaient sur l'aide sociale. J'avais appris à voir, écouter des souffrances humaines que je ne connaissais pas. Je pouvais maintenant comprendre comment les gens pouvaient se sentir humiliés, sans ressource en étant sur l'aide sociale. Sur ce programme, j'avais pu constater les forces en moi, mes capacités d'écoute de l'autre, même si je ne m'étais pas toujours écouté moi dans mes besoins, sentis. J'étais allé me chercher des outils et pour moi et pour ma mission. J'avais identifié une autre peur, celle d'être jugée. En fait, j'étais mon propre juge bien souvent. J'avais pu constater qu'avec les adultes, se vivaient beaucoup plus de lutte de pouvoir pour l'énergie qu'avec les enfants dans le scoutisme. © lumdam 2001 |