ÉCUEIL ARGENT

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Prises de conscience et écriture sur l'argent entre le 24 août 95 et le 24 mai 96. 29 août 95: "Hier soir j'ai pris conscience que je bloquais le surplus d'argent d'entrer dans ma vie parce qu'à chaque fois que je parle, je dis toujours après : Que demander de plus. Je vais maintenant demander plus `afin de recevoir plus, pour pouvoir Être, sans me préoccuper du Avoir." 10 mai 96: Je travaille sur moi-même face à l'argent et je repense à ce que mon mari me disait: que j'étais dépensière, que l'argent me brûlait les doigts. Si j'avais des dettes, il me regardait d'un oeil croche, que quelqu'un de correct, c'était lui parce qu'il économisait, qu'il mettait de l'argent de côté, que ses dettes à lui étaient correctes et les miennes incorrectes. Lorsque l'on s'est séparés, il m'a bien dit de ne jamais lui demander un sou de plus, alors que je ne lui en avais presque jamais demandé. À chaque fois, durant notre mariage, que j'osais lui demander des sous, il me regardait de travers, je n'étais pas correcte de lui demander des sous. Pourtant avec le peu que j'avais des allocations familiales, je payais mes assurances-vie, mes cigarettes, mes gâteries. Je m'habillais, j'habillais les enfants, j'achetais différents articles de maison. Lorsqu'il me payait un vêtement ou un cadeau, je me sentais comme s'il m'accordait une faveur pour que je sente que je lui devais beaucoup, que c'était lui qui me faisait vivre et que pour cela je devais être à son service. Que lorsque j'ai géré l'argent, s'il en manquait, il me faisait savoir que cela n'était pas correct, que les imprévus ne pouvaient pas exister quand c'était moi qui gérais. Seraient-ce ces vieilles idées, ces mots qui m'avaient dévalorisée, qui m'empêchent aujourd'hui d'avoir plus d'argent, qui bloquent l'énergie de l'argent dans ma vie ? Lorsque j'occupais un emploi, il me faisait sentir que le mien était rien à coté du sien, que lui seul avait un travail difficile et fatigant. Pourtant à chaque fois que j'ai travaillé, l'argent allait pour la maison, la famille, une voiture neuve pour son usage, pas vraiment pour moi. Oui, tous ses mots, ses regards, je les ai acceptés et pris sur moi. Je me suis laissée dévaloriser à mes yeux au niveau de l'argent et c'est sûrement parce que quelque part, lui se sentait inférieur à qui j'étais, donc se valorisait en m'écrasant. Dans les activités artisanales que je faisais, c'était correct pour lui en autant que cela rapportait de l'argent. Sinon, c'était incorrect si cela m'en coûtait. Auprès de lui, je me sentais obligée d'expliquer la moindre de mes dépenses et c'est pour cela que pendant des années, je lui cachais les sommes que je gagnais. Encore aujourd'hui, je me sens mal de me payer des choses à moi et non aux enfants et en réglant les dettes moins vite ainsi. De faire des démarches pour l'hypothèque m'a remis en pleine figure des jugements de la société. Que je ne suis pas quelqu'un en qui on peut faire confiance parce que je n'ai point d'emploi, que je vis avec l'aide sociale, que je suis une femme monoparentale. Pourtant j'assume mes obligations financières au meilleur de moi-même. Et là, sachant que mon père veut discuter avec moi de ma situation financière, je me sens comme si j'étais incorrecte. J'ai peur qu'il ne me demande de juste survivre afin d'être vue comme quelqu'un ayant aucune dette. Présentement et depuis un certain temps, je m'imagine recevoir de l'argent de quelqu'un ou gagner à la loterie et c'est depuis ce temps, du moins je le pense, que j'ai plus de difficulté avec l'argent. © lumdam 2001 |