En 2004, avant la vente de la maison, il avait été entendu entre Coloc et moi, qu'il avait à se trouver un logement pour lui avant tout et que si je ne partais point vivre avec Bob, je devenais alors chambreuse chez lui.  Au fil du temps, il apparut que cela devenait vraiment cela.  J'apportais donc les meubles pour son logement et moralement, nous poursuivions la même entente de co-habitation tout en sachant que la responsabilité du logement était surtout la sienne.  Il était entendu aussi que mon nom ne figurerait point sur le bail, ainsi j'étais libre de quitter.  Voici ce qui se vécut entre lui et moi dans cette inversion des responsabilités de la co-habitation à la "Tanière":

Dans les premiers temps, il fait quelques achats pour le nouveau logis.  C'est moi qui me trouve à acheter laveuse et sécheuse ainsi qu'un futon pour le salon. 

Dès les premiers jours, je me rends compte, que du fait que je n'ai pas vraiment de porte à ma chambre, je me fais réveiller tôt le matin par les allées et venues de Coloc et le bruit de la cuisine pour sa préparation de ses déjeuners avant d'aller à son boulot.

Au fil du temps, je constate aussi qu'il semble peu prendre d'initiatives pour faire les repas, surtout si je suis occupée sur l'ordinateur.  Je lui en parle alors, lui indique qu'il comptait surtout sur moi pour ses soupers.  Par la suite, il a agit qu'une fois ou deux, sans plus.

Le 18 août je me réveille au matin avec les restes d'un rêve dans lequel Coloc voulait plus et que je devais alors le repousser.

Lorsque je lui fis don d'une somme d'argent comme dîme spirituelle, il fut surpris et touché par mon geste.

Le 26 août, je constate que cela m'agace que Coloc utilise mon ordinateur plus régulièrement.  Je me demandai ce qu'il y avait derrière cela.

Le 27, je prends conscience que par l'inversion des rôles au niveau de la responsabilité du logement, c'est comme si je vivais avec un conjoint, qu'il paie mon toit.  Avec la nuance que Coloc est un ami et non un conjoint.

En septembre, Coloc voit qu'il a des choses à finaliser, qu'il est temps pour lui d'entreprendre les procédures de divorce puisque cela faisait des années déjà qu'il était séparé.  Il passe à l'action et pendant plusieurs jours je vois bien qu'il est très pris dans ses pensées.  Nous échangeons souvent sur cela après ses différents rendez-vous chez l'avocate.

Vers la mi-septembre, je demande à Coloc de ne pas utiliser l'ordinateur le matin avant son boulot, car le bruit du clavier me réveille à chaque fois.  L'emplacement où était l'ordinateur donnait directement sur ma porte de chambre, même s'il y avait la cuisine comme pièce entre cela.

Le 15, je me rends compte que je vis un certain sentiment de culpabilité envers Coloc, advenant que je parte vivre vite avec un amoureux.  Sensation alors de le laisser tomber, je ne voulais surtout pas le laisser mal pris.  Monta alors en moi que Coloc n'était point mon ex-mari, qu'il cheminait et réagirait différemment.

À la fin d'octobre, durant mon séjour chez Danielle en Belgique, nous discutons de ce que je vis par rapport à Coloc et son utilisation de mon ordinateur.  Je n'ai point à me sentir coupable qu'il passe après moi pour celui-ci car c'est mon bien personnel et mon outil de travail.

Durant la fin de mon voyage, Coloc se trouve à attraper un virus sur mon ordinateur et le serveur lui coupe temporairement la connexion.  J'eus à voir à régler cela lors de mon retour de voyage.

En décembre, il achète enfin un store pour la porte patio du salon.  Depuis notre arrivée, c'était un drap qui servait de rideaux.  Il place aussi des plastiques dans les fenêtres afin de couper le froid y entrant.

En janvier 2005, alors que Michel regarde pour trouver un logement plus grand, du fait qu'une de ses filles lui a parlé de venir vivre avec lui, je lui demande s'il avait envisagé la possibilité que je ne sois point de la partie.

Le 27, il apprend que son père vient de quitter la terre.

5 février, je joues un tour à Coloc.  Il me parlait d'un certain menu pour le souper en pensant que je le ferais.  Je lui dit que je n'avais point envie de faire à manger, que l'idée était bonne et qu'il pouvait cuisiner.  Je constatais aussi, que pour le futur, j'avais peu envie de vivre avec Coloc et ses filles, j'avais plus envie de vivre avec un amoureux.  D'un autre côté, monétairement, je désirais pouvoir respirer encore un bon moment et continuer à me gâter.

Quelques jours plus tard, il se doit de constater qu'il continuait encore à se fier surtout sur moi pour ses repas.

Le 14 février, Bernard entrait dans ma vie.  Coloc, quant à lui, vivait une relation amoureuse à distance sur le net avec une dame de la France.

D'un autre côté, j'avais envisagé d'aller vivre avec Coloc et ses filles dans le logis de mon petit frère qui, de son côté, se cherchait une maison.  Coloc n'avait même pas eu à chercher un logement, par mon entremise, celui-ci s'offrait à nous.

Face à Bernard, je sentais que pas avant le mois d'octobre de vivre avec, si cela avait à être.  Selon ma copine Danielle, c'était loin d'être fini pour moi avec Coloc.  C'était vrai dans un sens puisqu'il restait encore quelques mois pour moi à vivre avec, l'aider à s'établir dans le nouveau logement, l'aider à vivre une certaine transition face à ses filles, m'imprégner de la sensation de vivre dans du neuf de mon côté.  Je sentais en moi que nos chemins avaient quand même à se séparer.  (Rire, 4 ans plus tard, nous vivons encore en co-habitation et je sens encore que nos chemins vont se séparer)

Je me demandais aussi pourquoi l'univers voudrait que je vive avec Coloc et ses filles, alors que je n'avais plus mes enfants ou presque de mon côté et que Bernard n'avait son fils autistique qu'une fin de semaine sur deux.

Coloc jase avec moi de ma relation avec Bernard. Il trouvait que se serait trop vite pour que je vive avec Bernard.  Il ne voyait point la nuance entre ses relations et ce que je vivais, ma conscience des étapes.  Que je ne me voyais pas nécessairement aller vivre avec l'autre que quelques jours après l'avoir rencontré, comme lui avait fait avec quelques dames.

Le 19, Coloc visite le logis de mon petit frère afin de voir s'il s'y sentira bien.  Tout est correct pour lui, il restera à ce que sa fille le visite aussi afin qu'elle voie le lieu, l'espace qu'elle aura aussi. En début de soirée, je croise le propriétaire du logement présent, lui parle de notre départ qui pourrait être avant le 1er juillet et tout est correct pour lui.  Tout coule pour le futur logement.

Le 11 mars, Coloc reçoit appel de la propriétaire du futur logement et tout est correct aussi afin que juste son nom soit sur le bail. Belle nouvelle aussi pour Coloc, sa copine regarde pour venir le voir au Québec en août.  De mon côté, je venais de mettre fin à ma relation avec Bernard.

Le 13, nous retournons au logis avec la fille de Coloc qui va venir vivre avec nous.  Nous lui faisons visiter tout l'appartement.

Le 16, Coloc signe le bail du futur logis.

Fin mars, Coloc prend conscience que sa copine, regarde plus à venir vivre ici et non pas juste venir en voyage.  Il doit alors s'affirmer avec elle, lui indiquer diverses choses, prendre beaucoup de choses en considération.

Gaby, qui vivait avec nous par moments depuis la vente de la maison et qui payait un certain montant à Coloc, nous annonce que c'est officiel, dès le 1er avril, elle vivra vraiment avec son copain et viendra ensuite chercher le reste de ses choses.

Le 26, Coloc apprend que sa mère vient à son tour de quitter la terre.    Depuis un temps, ses deux filles venaient de temps en temps dormir au logement.  Marie-Pier avait parlé la première de venir vivre avec nous, pourtant ce fut Stéphanie qui avait choisi vraiment de faire le geste.

Le 29, Coloc apprend qu'il recevra un héritage qui devait aller à sa mère.  Je suis bien heureuse pour lui.

En avril, il y eut  plusieurs échanges avec Coloc à propos de sa copine, de la dépendance affective de celle-ci qui ressortait beaucoup et qu'elle serait entièrement à sa charge advenant son arrivée au Québec.  Cette dernière ne voulait pas du tout ne venir qu'une semaine ou deux et faire plus ample connaissance.  Elle était déjà prête à tout quitter.  Ne connaissait pourtant Coloc que sous peu d'aspects.  Il doit alors s'affirmer encore, amener les discussions plus en profondeur avec elle.  Il prend du temps pour réfléchir, méditer sur cette relation amoureuse à distance, son futur.

Le 20, je prends conscience que le futur logement coûtera plus cher à Coloc et qu'il ne m'a point parlé d'augmenter ma part.  Je sens alors, que c'est une autre préparation, une autre étape pour moi à travers cela.

Pour Coloc, sa relation va en se terminant avec la dame de la France.  Il ne tient point à ce qu'elle remette sa vie entière, son bonheur entre ses mains à lui.

À partir du milieu de mai, c'est beaucoup à regarder comment nous disposerons les meubles dans le futur logement.  On regarde aussi à prendre le câble pour la télévision.  J'achète des boîtes à fleurs, me prépare doucement afin d'embellir le balcon du futur logement.  Je retrouve goût à créer avec des plantes, j'en ai besoin.  Avec Stéphanie, on discute des couleurs de sa future chambre,  des meubles que Coloc devra acheter aussi.  Je fais d'autres petits achats pour le futur logis, que ce soit pour moi, ou avec Stéphanie pour sa chambre.

Juin, date du déménagement est maintenant fixée.  Ce coup-ci, c'est à Coloc à voir à trouver un chauffeur.  Pour ce qui est du camion, ce sera le même qui aura servi à mon petit frère dès le matin.  Les achats se poursuivent pour la chambre de Stéphanie, gros meubles qui nous seront livrés.  Il est entendu que dès le déménagement, je profiterai de quelques jours avant l'arrivée des meubles pour peindre la chambre de Stéphanie.   Des couleurs douces sont alors choisies.  Elle  n'entrera vraiment dans le logis qu'en septembre, car aura un travail pour l'été qui fera en sorte qu'elle sera mieux d'habiter encore avec sa mère.

Le 25 est jour du déménagement et la co-habitation allait prendre une autre forme.

© lumdam 2009